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En voilà une
qui ne fait pas dans la dentelle… si ce n’est celle de ses dessous qu’elle
n’hésite pas à exhiber pour donner plus de poids à ses chansons canail-les.
Du poids, elle en a dans tous les sens et elle en est fière : ses 350 livres
de légèreté contrôlée ne tiennent pas en place, et à la voir bondir sur les
genoux des spectateurs médusés, on se croirait revenu à l’âge d’or du
"vaudeville show" quand les gaillardes tenaient le haut du pavé, de
Bessie Smith à Ma Rainey. De cette préhistoire au "soul blues" le
plus sophistiqué, Sweet Alice couvre toute la distance, avec un potentiel
émotionnel qui fait vite oublier ses provocations. Car cette native de
Tuskegee (siège de la première université noire) porte le bagage de la
tradition, du gospel de son enfance au funk de sa génération. Ses propres
compositions traitent toujours de l’amour avec rage et humour.
Alice n’est pas une petite fille, mais une grande dame à découvrir dans
toutes ses rondeurs.
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